mardi, 29 juillet 2014  |  7 visiteurs
 

Conquête, maintien et exercice du pouvoir


Conquête, maintien et exercice du pouvoir.

Deux interviews de Jean Arthuis, ministre des finances de 1995 à 1997 :
http://www.valeursactuelles.com/dos...
(et une autre : http://www.valeursactuelles.com/act...)

Ce qui frappe le plus dans ces interviews (et pourquoi je les cite ici) n’est pas le diagnostic, qui semble assez lucide. Ce qui est frappant et tragique, c’est que cette lucidité s’exprime toujours avant, après ou ailleurs.
Ce n’est pas anecdotique, il y a là je crois la trace d’un problème de fond. La compétence de nos dirigeants n’est pas l’exercice du pouvoir, leurs compétences principales sont la conquête (un métier, une vocation à part entière) et le maintien au pouvoir.
Une fois en place, le maintien en place demande tant d’énergie et de compromissions qu’il n’y a plus de place pour l’exercice réel du pouvoir :
- Il y a une part non négligeable de gestion émotive de ci de là, au gré de l’actualité,
- Il y a évidemment la gestion quotidienne, assurée à 99% par l’appareil.
- Il y a la gestion (incestueuse 9 fois sur 10) des interlocuteurs assez gros pour pouvoir discuter avec le ministre, ie les oligopoles divers et variés, publics et privés, obligés et obligeants,
- Il y a tout le travail de spectacle et de représentation, nécessaire au maintien et éventuellement à de futures conquêtes.

Après cela ... et bien il n’y a tout simplement quasi plus de place pour la gestion du pays lui-même et les réformes à long terme.
Je ne crois pas que la faute en revienne à notre personnel politique, c’est plutôt le système en place qui sélectionne darwiniennement uniquement les chefs de bande efficaces, leurs alliés et leurs courtisans. Songez qu’au moment où vous lisez ce billet, en 2011, les impétrants pour 2017 ont déjà commencé à s’y mettre (réseautage, etc) depuis 2005, si pas avant !
Le système ne sélectionne pas, ne retient pas, les bons gestionnaires de long terme.
(Tout cela n’est certes pas historiquement nouveau, mais on aurait pu espérer que nos systèmes démocratiques, plutôt sophistiqués, serait capables de générer des résultats différents de ceux de l’époque mérovingienne).

Au final, pour les raisons ci-dessus, les "politiques" menées par les partis de gauche ou (dits) de droite, sont depuis 30 ans fondamentalement les mêmes : complexification de l’usine à gaz par ajouts chaotique (émotifs) de tuyaux (verrues), clientélisme immonde, aggravation insensée de la dette, etc.
Pour seule différence, un spectacle de surface spécifique à chaque parti, pour que le citoyen/client continue surtout de croire qu’il y a bien 2 lessives différentes qui lui sont proposées.
... Et c’est ainsi que le pays sombre tranquillement.

Article initialement publié le 26/12/2010.

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Lien cours vers l’article : http://rdlf.fr/5321


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