jeudi, 18 septembre 2014  |  7 visiteurs
 

Génération sacrifiée


C’étaient de bonnes universités. L’administration était un peu dépassée et laxiste, les étudiants y étaient trois fois plus nombreux que la capacité nominale d’accueil, mais la bibliothèque universitaire était excellente, une des meilleures du continent.

Elles rouvriront, a dit le ministre, à la rentrée 2012. Ça fera long pour ceux qui étaient en 2009 sur le point d’obtenir leur diplôme. Et on peut se demander dans quelles conditions : les bâtiments ont été pillés et sont inutilisables (même les cloisons ont été éventrées pour récupérer fils électriques et plomberie). Quels professeurs voudront bien venir enseigner, à la merci de miliciens illettrés, pro-gouvernementaux mais échappant à tout contrôle, qui rackettent la population ? Quels équipements pourront être mis à la disposition des étudiants dans de telles conditions ?

Quand nos petits bras musclés interviennent pour faire respecter la démocratie, nous avons tendance à oublier l’importance dans l’après-guerre du financement de la reconstruction, indispensable à la réconciliation et au pardon des excès passés.

Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle, dit-on en Afrique. Quand une université meurt, c’est l’avenir de toute une jeunesse qui est sacrifié. Pourquoi la France n’enverrait-elle pas quelques uns de plus de ses petits neurones musclés aider à la réouverture des universités publiques d’Abidjan ?


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