vendredi, 31 octobre 2014  |  2 visiteurs
 

Impressions sur le microcrédit


Vous n’êtes pas satisfait des banquiers ? Pourquoi alors ne pas jouer leur rôle à leur place ? Il y a au moins un domaine où ça ne demande qu’un peu de bonne volonté et une mise de fonds modique : le micro-crédit.

Grâce à internet, chacun de nous peut maintenant endosser l’habit de banquier, car c’est bien de cela qu’il s’agit, sur Kiva, Babyloan ou MicroWorld. En effet, sur les sites de ces institutions vous voyez les photos des entrepreneurs qui seront les bénéficiaires finaux de votre argent, par le biais d’une Institution de Micro-Finance (IMF) locale. Et en pratique, vous jouerez le rôle de banquier pour que cette IMF refinance à un coût raisonnable les prêts qu’elle va accorder à ces personnes.

Y-a-t-il une différence entre les trois sites cités plus haut ? Kiva est le plus ancien, la référence dont les deux autres sont quasiment des clones en langue française. Cependant, si vous maîtrisez la langue anglaise, préférez l’original.

Pas spécialement parce que le choix y est plus vaste, même s’il est stimulant de découvrir et de financer, au détour de la consultation de centaines de projets, un fabricant de cercueils ou un marchand de poisons (contre les nuisibles, je vous rassure).

Malgré la possible complication inutile du passage des fonds en dollars pour revenir dans une zone sous influence de l’euro.

D’abord, à cause d’une petite nuance. Si le bénéficiaire fait défaut, avec Kiva le prêteur perd son argent, tandis que chez les autres, l’IMF est tenue, dans la mesure où elle ne fait pas faillite aussi, de se substituer à l’entrepreneur défaillant. Cela signifie qu’en fait un défaut affaiblit l’IMF, et par ricochet ses autres clients. En pratique, l’IMF se couvre contre ce risque, mais c’est un coût supplémentaire. De plus, ça rend moins étroit le lien entre prêteur et emprunteur.

Et là, nous arrivons à la seconde raison, particulièrement sensible chez Babyloan. Financer du micro-crédit, c’est, disent-ils, chercher à maximiser l’efficacité solidaire citoyenne et sociale de la charité, de l’argent qu’on consacre à une "bonne cause" mais qui à mon avis vise essentiellement à montrer combien le prêteur est méritant. Car ce doit être un deal, non pas pour le prestige d’un donateur, mais pour la sympathie entre prêteur et emprunteur, pour faire éclore un business auquel aspire ce dernier. Kiva, ça veut justement dire "unité", "accord", "deal" en Swahili. Babyloan et MicroWorld nous expliquent doctement qu’en de nombreux endroits, il n’est pas possible de trouver d’emploi salarié, et qu’il faut se résoudre à monter de petites activités pour vivre. Ils nous incitent à aider ces défavorisés à affronter cette terrible absence d’emploi salarié, par le prêt plutôt que le don parce que le prêt permet d’en aider plus.

Kiva, lui, nous dit : voici un homme ou une femme, et ses aspirations. Et si cela vous chante, Kiva vous donne le moyen de vous y joindre. C’est tout.

Si vous prêtez via Babyloan ou MicroWorld, ce sera votre choix et nous serons quand même somme toute assez semblables, mais moi je prête via Kiva.


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