lundi, 20 octobre 2014  |  9 visiteurs
 

Le rat des machines à café

Quand les rats quittent le navire

Par les temps qui courent, il est difficile de se contraindre à l’inaction alors que la crise fait rage et quand on juge que les réactions de la classe politique visent plus à la préservation de quelques petits fromages qu’au développement d’une industrie laitière capable de nourrir le pays. Que faire ? Attendre patiemment un scrutin où sa voix sera noyée dans celles des millions de victimes matraquées du Journal Télévisé ? Pour élire un candidat, quel qu’il soit en fin de compte, sans solution ni programme, et dont les compétences ne sont pas économiques mais dispendieuses ? Candidat choisi et proposé par le parti comme aux meilleurs temps du soviétisme, et sans doute offrant les mêmes perspectives d’avenir...

Merci, très peu pour moi. Alors se lancer en politique avec quelques belles idées ? Le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen, disait Winston Churchill, et c’est également le meilleur frein à toute velléité de carrière politique.

La seule action utile qui me vienne à l’esprit est donc d’aborder les collègues autour de la machine à café, et de tenter de les instruire suffisamment pour que la masse électorale dont ils font partie soit un peu plus consciente de ce qu’entrainent ses choix.

Pour ce faire, j’imagine que l’accroche peut être de comparer les financiers internationaux à des rats. C’est politiquement correct et dans le sens de l’histoire. Ca devrait bien plaire.

C’est ensuite que ça se corse. Quand on va leur rappeler que si les rats transmettent des maladies, c’est d’abord et avant tout à cause du manque d’hygiène des humains. Ainsi, les maîtres de rats apprivoisés ne sont pas plus souvent malades que les autres. Aïe aïe aïe. Et en plus on n’a plus le sou pour faire balayer devant sa porte, comment empêcher que ça reste sale ? Là, il vaut mieux compatir avec les collègues que leur rappeler que des manches, ça peut se retrousser, ou alors chacun va se sentir obligé de se brûler le palais en avalant vite fait le café et de retourner au calme idéologique de son bureau. Et pourtant, ceux qui ont emprunté maladivement sont bien coupables, bien plus que ceux qui leur ont fourni les véhicules.

S’il demeure quelques irréductibles caféïnomanes, il est temps alors d’évoquer les rats sur les navires. Quand les rats quittent le navire, c’est parce que de leur position privilégiée, ils ont compris qu’il coule. Ce ne sont pas eux qui ont rongé la carène. Surtout, il vaut mieux organiser le sauvetage que de leur lancer ses savates ou nier ce que leur instinct leur a révélé.

En fait, le collègue à la machine à café est largement réceptif, pour ce que j’ai pu juger, quand on lui présente les choses ainsi. Bien entendu, cela ne change pas grand chose à la crise, mais d’une part on ne reste pas oisif à subir, d’autre part l’instruction ne peut pas faire de mal, elle peut même rendre un peu moins perméable à la propagande.

Transformons les machines à café en pôles d’instruction !


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