vendredi, 12 février 2016  |  4 visiteurs
 

Mesdames, je vais payer pour que vous mouriez


Mesdames, je vais payer pour que vous mouriez

Les autorités françaises recommandent aux 30000 femmes ayant reçu des implants mammaires PIP, de qualité scandaleusement douteuse, de se les faire explanter. Il est très probable que cette opération sera prise en charge par l’assurance maladie, aggravant sans doute son déficit, mais comme le dit la sagesse populaire, il faut ce qu’il faut et la santé n’a pas de prix.

Au lieu des dictons de la sagesse populaire, il ne serait pourtant pas mauvais de s’appuyer sur l’implacable arithmétique statistique, et de considérer la question avec un peu moins d’émotion. Nous avons là 30000 victimes, qu’on se propose d’opérer à nouveau. D’après les statistiques, nous aurons parmi elles un décès pour problème d’anesthésie, 4 à 8 pour des maladies nosocomiales, et 1800 à 2000 complications nosocomiales plus bénignes.

Ces ordres de grandeur sont dignes de confiance, et sont d’autant plus déplorables que seront frappées les victimes innocentes d’un fabricant négligent. Encore que... Supposons qu’elles ne fassent rien. Leurs prothèses défectueuses vont leur occasionner des cancers, me direz-vous.

Eh bien, pas pour le moment. Non qu’elles seront épargnées, mais tout porte à croire qu’elles seront ni plus ni moins touchées que si elles n’avaient pas d’implants. On peut s’attendre, de par la seule "nature", à ce que dans le groupe en question, 3 à 4 femmes chaque année développent un cancer du sein, et 3 à 4 récidivent après un traitement et une chirurgie reconstructrice. C’est bien ce qu’on a observé, huit cas déclarés. Donc, si l’on se livre aux 30000 explantations, on induira une demi-douzaine de décès supplémentaires et bien des complications non létales, ce qu’on aurait évité en ne faisant rien.

Disons-le tout net, l’assurance maladie en déficit va dépenser l’argent du contribuable pour tuer une demi-douzaine de personnes et en blesser près de deux milliers d’autres, pour une seule question d’image compassionnelle. Même versé au Trésor Public, ça reste mon argent et ça me révulse.